D’un bleu profond

Le cadre était d’un bleu profond

Un de ces bleus nuit, épais, voluptueux et silencieux.

Les étoiles se raréfiaient à cette époque de la vie.

Le bleu était intense, ne laissant rien entrevoir de net.

Quelques silhouettes se bousculaient, s’entrechoquaient, marchant rapidement, pas saccadés, pour rentrer absolument vite et bien entre leurs quatre murs.

Leurs quatre murs blancs ou autre, bien délimités contrairement au bleu profond de la nuit.

Deux petits yeux brillants regardaient, fascinés, les gens se croiser, se hâter.

Deux petits yeux intrigués.

La petite fille était sous un porche, tapie, et observait le grand manège des adultes.

Tous ces gens mettaient beaucoup de cœur à se presser, à courir, à rattraper le temps perdu peut-être.

Elle aurait souhaité pouvoir stopper le temps net, par ce bleu profond.

Elle voulait être happée, paralysée, bercée par cette profondeur de la nuit.

Rester dans la nuit, ne pas se mettre sous la lumière vive et dénaturée de son foyer, vide de couleur.

                                                                           Audrey